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dimanche 21 juin 2009

1914, les civils fuient l'invasion, on craint les "huns"

La peur de l'allemand
et
la hantise du ulhan

La Première Guerre mondiale n’apparaît pas de prime abord comme une guerre marquée par un conflit entre soldats ennemis et civils comme les conflits qui suivront (la Seconde Guerre mondiale surtout). Cette idée est en partie justifiée selon les auteurs par le combat des tranchées qui a restreint le combat entre civils et militaires. Il ne faut pas sous-estimer malgré tout l’intensité des violences commises pendant l’invasion de 1914 que les auteurs divisent en deux phases : l’invasion de la Belgique et celle du Nord et l’Est de la France jusqu’en octobre 1914. Il s’agit de violences liées d’abord à la guerre et aux réquisitions que les armées effectuent « classiquement » dans une telle situation. Pour décrire ces événements les sources de chaque camp sont utilisées et comparées. Cela permet ainsi de mieux cerner la cause des atrocités commises (civils fusillés en masse, viols...) et de reconstituer le fil des événements d’un grand nombre d’entre elles. Des graphiques quantitatifs appuyés d’extraits de témoignages pour la phase II par exemple, fournissent certaines causes : attitude des militaires allemands envers les civils selon plusieurs critères comme des incidents liés aux combats, à la panique, accompagnés d’une déportation, un autre dénombre les incidents majeurs par jour du 5 août au 19 octobre ... L’explication majeure des violences commises par les Allemands envers les civils belges et français repose au final en très grande partie sur la croyance générale en la présence des francs tireurs qui seraient la cause des pertes allemandes hors des combats « conventionnels ».
Le mythe des francs-tireurs avait déjà été étudié pendant le conflit par Fernand Langenhove (sociologue) qui proposait le concept de « cycle légendaire » pour expliquer comment les Allemands ont été amené collectivement à croire en quelque chose qui n’a pas existé. Il s’agit de mythes considérés comme un cycle et constitué d’un petit nombre de motifs indéfiniment répétés selon différentes variantes. Le tout aboutit à considérer qu’il existe une vaste conspiration populaire qui a prémédité la guerre des masses de civils contre l’armée allemande. Cette étude est un point de départ d’une histoire culturelle que Marc Bloch reprit à son compte. C’est cependant depuis peu que des historiens comme Lothar Wieland, Michael Jeismann, Ruth Harris ou encore Stéphane Audoin-Rouzeau ont repris à leur compte ce type d’approche. Le mythe des francs-tireurs n’est semble-t-il pas limité au domaine militaire, mais s’exprime plus profondément dans la société allemande à cause du traumatisme provoqué par la guerre. S’agissant de l’opinion allié sur les atrocités allemandes, des similitudes avec le complexe mythique allemand du franc-tireur existent. Dès le XIXe siècle les sociétés cherchent à masquer et à contrôler la violence. Il faut trouver un moyen d’exprimer la manière dont les Allemands font la guerre. Les auteurs à la suite des travaux de Marc Bloch soulignent une sorte de fascination pour la violence qu’un mythe collectif ou une image médiatique viennent renforcer pendant le conflit

L’ouvrage est la troisième publication (après la version anglaise de 2001 et la traduction allemande en 2004) des travaux des deux historiens anglos-saxons John Horne et Alan Kramer, tous deux enseignants au Trinity College de Dublin. Les recherches du premier sont bien connues dans le profond renouvellement historiographique qui a débuté depuis quelques années sur le premier conflit mondial (travaux des écoles de Péronne et de Montpellier). Le sujet est brûlant, mais ces deux chercheurs offrent une étude fouillée, précise et qui s’appuie sur des chiffres nombreux et vérifiés ... Le titre de l’ouvrage est-il trop partisan en ciblant « les atrocités allemandes » ? Les atrocités ne se limitent pas en effet à un seul camp comme le reconnaissent les auteurs eux-mêmes. Dès l’introduction, ils justifient leur choix en insistant sur le fait que les Alliés ont qualifié les actions allemandes comme des crimes de guerre. Ils se référaient en cela à la convention de la Haye de 1907 que les allemands avaient signée et avaient à l’évidence la moins respectée. L’expression est d’ailleurs constamment mise entre guillemets par les auteurs et n’exclut pas le regard sur des « atrocités belges » ou « françaises ». Pendant longtemps l’historiographie a considéré que ces événements étaient une fabrication des Alliés pour mobiliser leurs opinions publiques contre l’ennemi. Aujourd’hui, les historiens ont le souci d’offrir ici une histoire démystifiée et culturelle sur ces évènements.
La suite http://www.clionautes.org/spip.php?article1537

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