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dimanche 18 octobre 2009

Comité d'officiers néo-bolcheviques sous le signe de l'Etoile Rouge

Au sujet de cet admirable ouvrage, lire l'article ci-dessous:














































Général néo bolchevique.





























 Officier néo bolchevique.


Figurines neo soviet 28mm Copplestone
Peinture: Frantz Badre
 
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Sous le signe de l’étoile rouge, une histoire visuelle de l’Union soviétique, par David King, Gallimard 2009, 350 pp., 39 euros.


Pendant 40 ans, David King, graphiste britannique et longtemps directeur artistique du Sunday Times, a collectionné des images de l’URSS, dont il était tombé amoureux, enfant, sous l’influence, raconte-t-il, d’une institutrice stalinienne fascinée par la collectivisation ! Il a pu rassembler au fil du temps autour de 250 000 documents : peintures, images et affiches de propagande, affiches de cinéma, magazines et journaux, livres et séries de photographies dont certaines découvertes par hasard chez des bouquinistes. La collection (http://www.davidkingcollection.com/) est présentée partiellement, et par roulement à la Tate Modern de Londres. En voilà désormais un échantillon, déjà très impressionnant, mis à disposition des lecteurs français, à travers cet album d’environ 550 des documents de David King, choisis, commentés et mis en page par lui-même. Au commencement de ce livre, il y eut une quête qui semblait vaine, dans les années 1970 : où trouver des images de Trotski, pour compléter l’illustration d’un grand article sur Lénine ? Visiblement, tout avait disparu. Mais peu à peu, il retrouve des photos oubliées, dans les boîtes en métal de la photothèque de son journal, chez les ex-camarades de Trotski, ou en retournant dans les faubourgs de Mexico où vivait encore son petit fils à cette époque. Il a même ajouté à sa collection un objet insolite : une tasse en porcelaine de 1923, à l’effigie du chef de l’Armée rouge, acquise dans de rocambolesques circonstances dans les années 1990 : elle avait passé 70 ans sous le lit d’un stalinien britannique qui, après avoir juré ne rien posséder sur Trotski, se décida vingt ans plus tard à la lui vendre pour renflouer un journal communiste…. De même, un très beau portrait dessiné de Trotski, était resté dissimulé pendant 75 ans sous une feuille de bristol collée : l’artiste ne voulait sans doute pas risquer qu’on découvre une telle image à son domicile ! Plus qu’un simple livre d’images, l’ouvrage de King retrace le mouvement par lequel le totalitarisme s’impose en Union soviétique, à travers les images.
De la propagande aux procès de Moscou
Parmi les documents les plus marquants de ce livre, figure la photo du poète et propagandiste Maïakovski, saisie par on ne sait qui, quelques minutes après son suicide en 1930 : allongé sur son lit, nœud papillon au cou, une tâche noire sur sa chemise claire au niveau de la poitrine, il a la bouche ouverte et la tête appuyée sur un tapis roulé. David King présente aussi pour la première fois une série de photographies d’identité des victimes des deux premiers Procès de Moscou (1936 et 1937), conservées dans les archives de Sibérie. Dans la mise en scène répétitive des clichés par la police politique (de face et de profil), apparaissent Zinoviev, Kamenev, ou Ievdokimov, visages graves ou incrédules. Tous furent fusillés. Comme Gustav Kloutsis, peintre du courant suprématiste, censé appartenir à « une bande armée de terroriste lettons » : créateur d’affiches de propagande à la gloire de Staline, parmi les plus célèbres, il fut exécuté en 1938 avec un groupe d’artistes et intellectuels accusés des mêmes « crimes ». On s’arrêtera aussi sur la photographie officielle de Lénine par Moïesseï Nappelbaum en janvier 1918 et maintes fois reprise et retouchée, ainsi qu’une des dernières le représentant peu avant sa mort, livide et enveloppé dans une couverture, dans un fauteuil de sa propriété à Gorki ; ou bien sur les multiples variations de sa silhouette la main levée, montrant au loin l’avenir meilleur, icône créée à partir d’une photo sur laquelle…. il n’avait nullement la main levée ! ou encore sur les photos de « Staline en privé », pique-niquant avec quelques amis et sa seconde femme Nadejda (qui se suicida en 1932) ou lisant allongé dans sa datcha caucasienne. Mais à tous ces documents rares, on préfèrera peut-être les affiches, d’une grande richesse artistique et iconographique : dès 1918, les « trains de la propagande » sillonnent la campagne russe. Décorés, les wagons présentent le catéchisme simplifié de la Révolution bolchevique : de gras capitalistes en frac et hauts de forme ordonnent au soldat de l’Armée blanche, yeux bandés, d’attaquer la Révolution ; face à eux, un ouvrier imprime des livres, sous la protection du soldat de l’Armée rouge, sur un fond prometteur de cheminées d’usines…Plus tard, les affichistes de l’avant-garde ont toutes les audaces : contrastes de couleur, noir, rouge et blanc, photomontages, recherches graphiques, les œuvres de Lissitski, Kloutsis, Strakhov ou d’innombrables anonymes se mettent au service de Staline, célébrant sans relâche l’alliance des ouvriers et des paysans, la gloire des nationalités de l’Union, la réussite extraordinaire des plans quinquennaux ou les prolétaires brisant leurs chaînes à coups de masse… Un magnifique ouvrage qui, des prémices de la Révolution d’octobre à la dépouille funéraire de Staline, en passant par les photos de Berlin en ruine d’Evgueni Khaldeï, constitue un itinéraire nouveau à travers près de 40 ans d’histoire de l’URSS.
Autre ouvrage de David King en français : Le commissaire disparaît, Calmann-Lévy 2005. (à la recherche des personnalités soviétiques et « effacées » sur les photographies de propagande)

Article de Nathalie Quillien


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